samedi 16 février 2019

La Traversée du tunnel

Il me faut me rendre à l'évidence, les traitements que je dois subir ne sont pas anodins, et même si j'ai beaucoup de chance de ne pas avoir de nausées, je me rends compte que les temps de récupération après chaque nouvelle chimio sont de plus en plus longs.  Je suis très fatiguée .  
Ce matin j'ai quand même fait une petite marche avec Robert, juste pour aller chercher le pain: 20 minutes de marche dans le quartier, tranquillement . 
J'associe cette période à la traversée d'un tunnel.  L'été dernier, en visitant la Norvège avec nos amis nous avons emprunté un grand nombre de tunnels dans ce pays au paysage si varié et montagneux. L'un de ces tunnels, le Tunnel de Laerdal, fait plus de 24 kms; entrecoupé de 3 magnifiques cavernes illuminées comme une aurore boréale artificielle, tous les 6 kms, histoire de rompre la monotonie et permettre d'éventuels demi-tours en cas de danger.  C'est moi qui conduisais pour cette traversée et Robert somnolait, j'ai parfois ressenti un peu d'angoisse tout en suivant la voiture de nos amis.  Et ces cavernes étaient magiques , elles me redonnaient confiance! 
Je pense à cela aujourd'hui et me dis que demain, ou après demain reviendront la force et la vitalité, comme les grottes lumineuses de ce long tunnel !  


Heureusement nous avons un temps merveilleux et le jardin prend un air de printemps : un iris  est sorti et d'autres s'annoncent, les jonquilles pointent leurs corolles, les oiseaux de paradis s'ouvrent peu à peu, les succulentes fleurissent généreusement.













 Cet après midi a passé comme l'éclair. 
Juste après la sieste Cathy est passée : elle revenait de donner ses plaquettes à Marseille; elle a la chance d'avoir un très bon taux de plaquettes et est une fidèle des dons: bravo ma fille !
Ensuite un couple d'amis est venu, nous avons partagé le thé et un bon moment de souvenirs et de nouvelles des enfants et des copains communs.

Et ce soir je me sens bien mieux déjà, je n'ai plus cette fatigue pesante qui me fait bras et jambes si lourdes  et la tête dans les nuages !




mercredi 13 février 2019

Troisième étape

C'était donc hier la 3ème séance de chimio; un peu différente des précédentes car j'ai bénéficié de la pré-validation. 
Comme habituellement j'ai fait  faire l'analyse de sang de contrôle Samedi matin, le labo faxe les résultats à l'IPC.  L'infirmière coordinatrice m'a appelée lundi en fin de matinée pour faire le point sur mon état général : poids, résultats d'analyse, effets secondaires ressentis ; et là je dois reconnaître qu'au nombre de questions posées où j'ai répondu "non", j'ai beaucoup de chance de bien supporter ce traitement : encore une quinzaine de gagnée ! 
Mon seul souci,  à part la grande fatigue des premiers jours,  a été l'apparition de plaques de rougeurs sous les seins, mais n'ayant ni fièvre ni douleurs, l'oncologue à qui j'avais envoyé une photo, m' a tout de suite rassurée; d'ailleurs en quelques jours ces rougeurs ont diminué tant en intensité qu'en grandeur. 
Grâce à la pré-validation, je n'ai pas la consultation du médecin , ni l'attente d'une heure au moins nécessaire à la préparation des produits à injecter: c'est prêt quand j'arrive et je suis prise en charge pratiquement à l'heure prévue du rendez-vous.  L'injection dure 1h1/2, avec un bon bouquin, la visite de l'infirmier coordinateur et de l'infirmière chargée de mes perfusions... le temps passe assez vite. 
Partie à 9h de la maison, j'étais de retour à midi . 
L'après midi je me suis reposée, je ne peux pas faire grand chose d'autre: jambes en coton, tête dans les nuages, je m'allonge et écoute de la musique , en lisant de temps en temps. 
 Ce matin, encore du repos en attendant l'infirmière pour la piqûre après chimio.  Robert est allé faire les courses.  
Il fait un temps superbe : je suis dans la chambre baignée de soleil et vais me laisser aller en écoutant de la musique : cette après midi Mozart très apaisant.
Et si j'arrive à me concentrer sur ma lecture en cours, je reprendrai " A son image" de Jérôme Ferrari : un très beau roman, tant dans la forme que dans le fond : Jérôme Ferrari nous fait réfléchir sur la photographie, l'image, le nationalisme corse, la place de la photographie dans les guerres, les guerres fratricides; avec son héroïne Antonia et dans les souvenirs de son parrain et oncle, on  voyage de Corse en Yougoslavie et des photos de mariage et de concours de pétanque aux sombres images de violences, de guerres; c'est très bien écrit. Encore un beau moment de lecture.