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dimanche 2 avril 2023

Premier roman

C'était le thème du mois de notre club de lecture.  Encore une fois, il m'a permis de faire de belles découvertes et de partager certains de mes coups de cœur, notamment "A la ligne" de Joseph Ponthus, déjà évoqué dans ce blog  (A la ligne - Feuillets d'usine )

Outre ce premier et hélas unique roman de cet auteur qui nous a quittés le 24 Février 2021, enlevé en quelques semaines par un cancer, nous avions sélectionné : 

Les gens de Bilbao naissent où ils veulent  de Maria LARREA , premier roman autobiographique. 



 L'auteure commence par raconter la naissance puis l'abandon de deux enfants qui, une fois adultes formeront un couple: ses parents, Victoria et Julian.  Ils sont les fruits de la misère au temps de la dictature franquiste; le ton employé par l'auteure est léger, presque joyeux et rocambolesque, un peu à la Almodovar.  Née à Bilbao, Maria Larrea a vécu à Paris où ses parents ont migré.  Sa mère Victoria, d'une grande beauté, est femme de ménage.  Son père, Julian,  est gardien du Théâtre de la Michodière. Elle fréquente des camarades d'un milieu privilégié et finit par "sortir" de son milieu.  Elle étudie à la FEMIS et devient réalisatrice. 

Lors d'un tirage de cartes par une tarologue se pose la question de sa véritable origine : cela va être l'objet d'une quête détaillée et des rebondissements de la deuxième partie du roman. 

Maria Larrea évoque avec talent de nombreux thèmes: les non-dits, les questions de filiation, l'adoption, les recherches généalogiques, les trafics d'enfants, les agissements de l'Eglise Catholique dans l'Espagne franquiste. Son roman est une puissante réflexion sur la famile, les liens du sang et les liens affectifs.  Le style est enlevé et très imagé.  

J'ai beaucoup aimé ce roman.  

La vraie vie de Adrienne Dieudonné

L'histoire est celle d'une petite fille de 10 ans qui rêve de pouvoir remonter le temps pour sauver son petit frère traumatisé par un accident dramatique auquel il a assisté et qui, depuis lui a ôté le sourire. 

Le style est magnifique, tout en douceur lorsqu'il évoque l'amour de la fillette pour son petit frère "Gilles, ses petites dents de lait, son sourire"  et de violence lorsqu'on sent venir le drame; des phrases courtes, des phrases sans verbe.  L'auteure utilise des métaphores étonnantes pour caractériser les personnages ou les lieux:

- le père a des mains qui auraient pu décapiter un poussin comme on décapsule une bouteille ce coca

- la mère " devait ressembler à une forme de vie primitive, unicellulaire, vaguement tranchée, une amibe. Un ectoplasme, un endoplasme, un noyau, une vacuole digestive" 

- les pavillons gris de son quartier "sont alignés comme des pierres tombales ". 

Cette lecture est passionnante, éprouvante et dérangeante, mais c'est un vrai coup de cœur!

En plus de ces trois principaux romans, nous étaient aussi proposés " cerises sur le gâteau" comme dit notre animatrice:

Cinq dans tes yeux de Hadrien Bels 

Marseille est la vedette de ce roman qui décrit avec beaucoup de sensibilité le mécanisme de gentrification et l'arrivée des "Bobos" surnommés les Venants qui effacent à coup de rénovations tout une  vie de quartier écartant les classes populaires du centre ville vers les périphéries. 

C'est un roman plein de verve et sensible. J'ai passé un très bon moment . 

 Une histoire de gènes de Sophie Brugeille - Mon ADN m'a tout raconté. 

Quand son fils lui demande un test ADN comme cadeau d'anniversaire la narratrice est loin de se douter de ce qu'elle va découvrir.  C'est un véritable séisme... et pourtant j'ai trouvé ce livre froid.  Cela ne m'a pas vraiment touchée. Vite lu et vite passé à autre chose.  

 

La tresse, de Laetita Colombani

 Un roman où l'image de "La tresse" prend tout son sens. Les destins de 3 femmes vont être reliés par leurs cheveux, comme 3 brins qui formeront une tresse. 3 histoires qui s'entrelacent, se révèlent sous nos yeux. 

Lu il y a quelques années.  J'avais bien aimé  ce beau premier roman.

 

 

mardi 14 février 2023

Ode à la Nature

 Parmi les activités proposées au Centre Municipal un Club de lecture a été mis en place depuis l'an dernier.  L'animatrice a proposé de choisir un thème mensuel et nous sélectionnons au moins 3 livres et parfois quelques "cerises sur le gâteau "si on a le temps ou l'envie de partager plus.

Ce mois-ci le thème était "Ode à la nature"; il m'a permis la découverte de quelques pépites et de partager un vrai coup de coeur déjà évoqué dans ce blog L'arbre monde de Richard Powers 

Les huit montagnes de Paolo Cognetti

L'auteur raconte une très belle histoire de montagne et d'amitié.  Son style est à la fois simple et poétique.  C'est l' histoire émouvante et forte  d'un amour profond pour la montagne et d'une amitié à toute épreuve qui unit deux jeunes, un né en montagne et l'autre venu de la ville.  Histoire aussi de rapports particuliers entre un père et son fils.  

De pierre et d'os de Bérengère Cournut 

Immersion poétique chez les Inuits.  L'auteur installe une ambiance fantastique où se mêlent rêves, cérémonies rituelles, chants célestes, chamanisme, recherche identitaire.  Il est aussi question d'amour, d'enfantements, de transmissions et de deuils.  

Le dépaysement est total: nous sommes en Arctique aux paysages arides.  La question du rapport de l'homme à la nature est centrale dans ce très beau roman. De magnifiques chants poétiques entrecoupent le récit.  Et la couverture est très belle .  Des photos anciennes sont aussi annexées. 

Un très beau roman. 

 

Biche de Mona Messine 

Résumé Babelio:

"Dans la forêt, une partie de chasse s’engage, menée par Gérald, la gâchette du coin. Devant lui, son chien Olaf piste la trace, et Linda, son vieil amour, guide les traqueurs qui rabattent le gibier. Alan le garde-chasse a le cœur en morceaux. Ce soir, il le sait, les biches seront en deuil. Mais en ce dimanche plus gris que les autres, une tempête approche. La forêt aligne ses bataillons, les animaux s’organisent. Les cerfs luttent sous l’orage. Et une biche refuse la loi des hommes."

Quelques beaux passages poétiques dans ce premier roman qui revêt un style de fable en personnifiant les animaux.  Mais je n'ai pas vraiment aimé cette ambiance de chasse.  

Le mur invisible de Marlen Haushofer 

Alors qu'elle séjourne dans un chalet isolé en forêt alpine, la narratrice se retrouve coupée du monde par la brusque apparition d'un mur de verre, au-delà duquel toute vie semble avoir disparu. Tout en explorant la vaste zone giboyeuse de son côté du mur, elle tâche d'organiser sa survie, avec pour seule compagnie quelques animaux domestiques : chien, chats, vache, avec lesquels elle noue des relations complices et profondes. Dans cette ambiance post-apocalyptique la survivante apprend à vivre pleinement le moment présent, à trouver la paix de l'esprit dans l'amour des créatures qui l'entourent et dans l'humble conscience de faire partie d'un tout. 

Une belle leçon de vie . 

lundi 30 janvier 2023

Une lecture décevante

En plus des activités que je pratique au Centre Municipal de retraités, je participe au comité de rédaction du petit journal édité trimestriellement par cette structure.  Je suis chargée entre autres de la chronique littéraire.  Pour le numéro de Décembre, les autres membres du comité de rédaction avaient émis le souhait que j'évoque, pour une fois, un livre qui ne m'avait pas plu.  Il est vrai qu'en général je présente plutôt des livres que je conseille et qui m'ont vraiment plu. J'ai retenu en ces termes le dernier roman de Joël Dicker qui m'a particulièrement déçue: 




Pour son sixième roman, premier à être publié dans sa propre maison d'édition suite au décès de son éditeur Bernard de Fallois, Joël Dicker clôt sa trilogie entamée avec « La vérité sur l'affaire Harry Quebert » il y a dix ans et qui se termine par « Le livre des Baltimore » publié en 2015. Une trilogie qui a la particularité de ne pas avoir été écrite dans l'ordre chronologique, mais qui offre l'avantage de pouvoir se lire dans n'importe quel ordre.

J'avais bien aimé les deux romans cités ci-dessus (surprise toutefois pour le premier par l'attribution du Grand Prix du roman de l'Académie Française et du Goncourt des Lycéens pas vraiment mérités à mon avis ).

Je me suis laissée tenter par L'affaire Alaska Sanders, dont la couverture illustrée par un tableau d'Edward Hopper est du plus bel effet !

Jusqu'au premier tiers du livre j'ai retrouvé avec plaisir le rythme, une atmosphère, une intrigue, mais ensuite l'enquête piétine. Fidèle à sa méthode, Dicker enchaîne les rebondissements plus ou moins vraisemblables qui finissent par lasser: leur seul intérêt est de remplir des pages. De plus l'auteur ne cesse de faire référence à « La vérité sur l'affaire Harry Quebert » et son prix, comme s'il se faisait sa propre publicité. Cette auto-congratulation est dérangeante.

Enfin le style est médiocre: répétitions assez lourdes, conjugaisons douteuses, méconnaissance de la concordance des temps, nombreuses coquilles… A croire que la toute jeune maison d'édition, créée pour la publication de ce roman n'ait pas encore recruté de relecteur !

Au risque de choquer les fans inconditionnels de « l'Ecrivain » désormais aussi éditeur, je dis ma déception de cette pâle copie du roman titré. Je remercie mon amie de me l'avoir prêté, m'évitant un achat fort décevant et encombrant !

 

 


mercredi 1 décembre 2021

Lectures de Novembre

La meilleure façon de marcher est celle du flamand rose,  Diane DUCRET

Autobiographie romancée.  Enaid (anagramme de Diane) grandit loin de ses parents, adoptée par ses grands parents, elle a la sensation de ne jamais être au bon endroit, persuadée de ne pas avoir été aimée. 

J'ai eu du mal, au début, à entrer dans l'histoire ; c'est parfois un peu confus.  Mais heureusement c'est sur un ton assez humoristique, alternant avec de la gravité et de l'émotion que l'auteure décrit son parcours assez chaotique. C'est une histoire assez émouvante.  La fin nous réserve une jolie surprise.  L'auteure nous livre un message de résistance et d'optimisme. 


Numéro 11,  Jonathan COE

Encore un très bon cru de cet auteur: une description réaliste (et même cynique) de la société contemporaine avec une petite touche de fantastique.  C'est un roman foisonnant où Jonathan Coe décrit avec son humour habituel la triste réalité de notre monde qui inverse les valeurs, banalise la violence qui découle de l'abandon de la morale et de la culture, où le fric devient le 1er critère d'évaluation des activités humaines.  Et le numéro 11 du titre trouve plusieurs explications au fil du roman.

Décidément, la virtuosité, la pertinence, l'humour de cet auteur dans son regard sur notre société, la finance qui nous gouverne, les médias divers et leurs mensonges....m'ont encore une fois ravie !

 

Vous faites quoi pour Noël ? -  Carène PONTE
 
 Quatrième de couverture:
"Plongez Pauline dans une fête de Noël très arrosée au bureau. Pimentez d'un dérapage torride dans le parking de son immeuble avec l'assistant du DRH.  Ajoutez un enregistrement de vidéosurveillance. Et vous comprendrez que Pauline peut dire adieu à ses vacances pépères, genre sieste en pyjama licorne et comédies romantiques à gogo.  L'urgence: se rapprocher de celui qui détient la vidéo si compromettante pour sa réputation, le séduisant gardien de son immeuble! Celui-ci propose un marché. En tout bien tout honneur. Pauline n'a d'autre choix que d'accepter, mais sait-elle vraiment ce qui l'attend?" 

Un roman "feel-good" plein d'humour et de magie, c'est facile à lire et j'avoue que de temps en temps, ne pas se prendre la tête, se détendre, cela fait du bien.  C'est drôle et léger: la plume de Carène Ponte est alerte et les dialogues amusants. 

J'ai choisi ce livre car le thème du prochain club de  lecture est " En attendant Noël" et tant que j'y étais, j'ai lu aussi la suite: 

Vous faites quoi pour Noël ? On se marie. -  Carène Ponte. 
 
Suite du précédent, un an après.  On retrouve les mêmes personnages, le même village, on rajoute un concours des villages de Noël et le remariage d'Hélène la mère du gardien d'immeuble, passionnée des fêtes de Noël. Et c'est une fête magique, des situations cocasses.  J'ai encore beaucoup ri.  Une petite bulle de détente qui fait du bien dans cette période morose....

Depuis quelques jours le froid a fait son apparition et il fait bon au coin du feu 
 
 



mercredi 3 novembre 2021

Lus en Octobre

Le Coeur de l'Angleterre, Jonathan Coe 

On retrouve les personnages de Bienvenue au club et Le cercle fermé et l'action se passe entre 2010 et 2018.  L'auteur met en scène les temps forts de la vie politique et les évènements nationaux importants.  Grâce à ses personnages qui ont tous des interactions familiales, amicales ou professionnelles Jonathan Coe décrit l'Angleterre du début du 21ème siècle en proie à de nombreux soubresauts: émeutes de 2011, referendum et Brexit, montée du racisme, de la xénophobie et du populisme. La plume de Jonathan Coe est toujours alerte et c'est un réel plaisir de retrouver son humour et une bonne dose de dérision et d'autodérision.

Une gourmandise, Muriel Barbery 

Je n'ai pas encore évoqué une nouveauté au Centre Municipal de retraités où je pratique mes activités diverses: la création (enfin!) d'un club de lecture. Il a lieu une fois par mois, et pour le premier, le thème choisi par l'animatrice était "Les Cinq sens". 

C'est dans ce cadre que j'ai découvert ce premier roman de Muriel Barbery que je connaissais surtout pour son excellent "L'élégance du hérisson " . 

Elle met en scène un critique gastronomique au caractère impossible qui se meurt et recherche un goût qui l'a particulièrement touché, sa madeleine de Proust, en quelque sorte.  C'est l'occasion pour l'auteure de décrire de manière fabuleuse des plats, de la nourriture et des goûts et même des odeurs.  Sa description de la tomate dégustée dans le jardin, sous un tilleul, est un régal ! 

Avec habileté, Muriel Barbery alterne les souvenirs du narrateur et ceux des personnages qui l'ont connu . C'est passionnant et original : un vrai voyage culinaire. 

Le parfum, Patrick Suskind 

Relu à l'occasion du club de lecture évoqué plus haut, avec toujours autant de plaisir, même si ce roman a quelque chose d'assez dérangeant.... C'est un voyage mémorable des senteurs les plus délicieuses aux remugles les plus écoeurants. C'est puissant, effrayant et comique à la fois.  Jean Baptiste Grenouille n'est pas sympathique, il est même monstrueux, mais il a un nez hors du commun et ne recule devant rien pour devenir le plus grand parfumeur du monde.

 

Vivre avec nos morts, Delphine Horvilleur 

 Un vrai coup de coeur ce récit qui dégage une grande humanité. 

Delphine Horvilleur s'exprime en toute simplicité et aussi beaucoup d'humour.  Quelques savoureuses blagues juives jalonnent ce récit.  Elle nous permet de découvrir les textes sacrés, les rites et les traditions mais surtout son expérience humaine si riche.  C'est avec beaucoup d'humilité qu'en tant que rabbin elle accompagne les vivants dans leur douleur et leurs questionnements. Mort et vie s'entremêlent ; il nous faut apprendre à faire une place à nos fantômes. 

Delphine Horvilleur nous offre là un récit universel profondément humain. 

J'ai attendu plus de 3 mois sa disponibilité à la médiathèque, mais je crois que je vais me le procurer pour le relire de temps en temps.... 

 

Sidérations,  Richard Powers 


 

J'ai retrouvé avec grand plaisir l'auteur de "L'Arbre-Monde" et "Le temps où nous chantions" que j'avais tant aimés. 

Dans une Amérique au bord du chaos politique et climatique, un père embarque son jeune fils souffrant de troubles du comportement dans une expérience neuroscientifique.  C'est un livre brillant; comme toujours avec cet auteur, les allusions scientifiques m'ont parfois tenue à distance, mais ce roman reste foncièrement humain; il décrit de manière si émouvante la relation entre un père et son fils: des personnages profonds et touchants. Le petit Robin, inspiré de Greta Thunberg, met toute son énergie au service de la préservation de l'environnement et peine à accepter cette société obnubilée par le profit et la croissance.   Le père est prêt à tout pour offir une vie paisible  à son fils. Créateur d'exoplanètes il recherche toute forme de vie à travers l'espace et stimule la curiosité de son fils.  La mère décédée dans un accident de voiture est particulièrement présente tout au long du récit. 

Un magnifique roman, dont la poésie, la tendresse et l'humanité m'ont vraiment touchée: c'était un coup de coeur de ma libraire et je partage son avis ! 

samedi 2 octobre 2021

Septembre en livres

Fin Août nous avons fêté  mon anniversaire et  à cette occasion j'ai reçu des livres qui m'ont bien occupée en Septembre.  J'ai aussi été invitée par mes enfants dans un excellent restaurant situé au Château de Valmy près du Racou : un cadre magnifique où nous avons dégusté des mets délicieux et du bon vin de la propriété !

Photo de MoLi trouvée sur le net

Ce château se voit de très loin quand on arrive au Racou et pour Cathy petite, c'était le "château de la sorcière" et le signe qu'on arrivait enfin !


Mais revenons à mes lectures....en commençant par les cadeaux. 


La Nuit des aventuriers - Nicolas Chaudun

Offert par une amie M, ce roman historique et politique sur le Coup d'Etat du 2 Décembre 1851 ne m'a pas emballée.  C'est précis, détaillé, très documenté mais dans un style assez "ampoulé".  J'ai eu du mal à le terminer mais j'ai bien fait d'aller jusqu'au bout car enfin l'auteur se réveille et engage une discussion avec le narrateur, Napoléon III, qui donne un peu de sel à ce roman si monotone. 
Je l'ai prêté, à sa demande, à mon amie M, qui a été très déçue et n'a pas été jusqu'au bout ...
Pas de regrets, allons, c'est le geste qui compte ! 

 Lusia - Catherine Grynfogell-Drommelschlager

Offert par Cathy pour mon anniversaire. 

Un bon choix. C'est un récit très émouvant, celui de l'enquête menée par l'auteur pour faire revivre Lusia, disparue dans la Shoah.  Lusia était la mère d'Edouard, elle l'a sauvé en le confiant à des voisins quand la police de Vichy est venue "rafler" les juifs réfugiés dans le village de LLo près de la frontière espagnole. Elle lui a aussi écrit une lettre lors de son dernier voyage vers les camps; lettre qui ne lui sera remise que 43 ans plus tard.... Très touchante ! 

C'est aussi l'histoire mouvementée de toute une famille décimée, dispersée durant la Seconde Guerre Mondiale.  Un très beau livre.

 Enfant de salaud - Sorj Chalandon 

Sorj Chalandon avait déjà écrit sur son père, ce personnage fou, détestable, à l'imagination délirante qu'enfant il ne pouvait s'empêcher d'aimer et admirer "Profession du père", récit puissant et émouvant d'une enfance volée mais où l'auteur présentait plutôt son père sous l'angle de la légèreté et de la folie.  Dans "Enfant de salaud" il change de regard, pour se retrouver sous celui de l'indignité et du mensonge. Dans ce roman bouleversant l'auteur met en parallèle la grande histoire, avec le procès Barbie et la petite, celle d'un homme qui enquête sur son père. C'est passionnant car Sorj Chalandon a couvert le procès Barbie pour Libération (il a d'ailleurs reçu le prix Albert Londres pour ce travail ) et il nous fait découvrir sa façon de travailler. Dans le roman, son père assiste au procès. Sorj Chalandon mêle les deux histoires, celle du procès du "boucher de Lyon" accusé notamment d'avoir orchestré la rafle des enfants d'Ysieu et dans la salle d'audience, celle d'un autre procès, celui d'un père soupçonné puis accusé à raison par son fils d'avoir été un traître à la Nation.  Et pour l'auteur le plus dur à accepter n'est pas tant ce fait là, mais qu'il n'ait jamais dit la vérité à son fils: qu'il ait été un salaud en tant que père; père auquel il a toujours, malgré tout, tendu la main.  Sincère et bouleversant.  

Testament à l'anglaise - Jonathan Coe 

Encore un excellent roman de cet auteur, bourré d'humour.  Avec habileté Jonathan Coe mêle les souvenirs personnels de Michaël Owen, un écrivain timide et réservé, à la description de la société anglaise des années "Thatcher" et aux actions macabres d'une famille puissante.  C'est jubilatoire et la fin n'aurait pas déteint dans un Agatha Christie ! 



mercredi 1 septembre 2021

Lectures du mois d'Août

Le séjour au Racou, partagé cette semaine avec Aurélie, Philou et Gisèle, la maman d'Aurélie,Cathy et Rocky  est un vrai moment de bonheur et je lis sans doute un peu moins. malgré tout le bilan du mois n'est pas nul!

Rocky est content !

Lus ce mois-ci:

Le cercle fermé - Jonathan Coe 

Décidément Jonathan Coe ne me déçoit jamais. Le mois dernier j'ai relaté  le grand plaisir  procurė par la lecture de "Billy Wilder et moi " qui m'a donné envie de revenir vers cet auteur.  Je me suis souvenue que j'avais beaucoup aimé Bienvenue au club qui évoquait l'adolescence et le jeunesse de ses héros dans les années Thatcher. 

Dans Le cercle Fermé ils ont la quarantaine et entrent dans les années Blair.  L'auteur dresse un portrait parfois cinglant d'un pays en crise mais avec son humour habituel il nous régale et nous offre une belle description de l'Angleterre des années 2000. 

Je vais, dès que possible lire le suivant Le Coeur de l'Angleterre où bien entendu il évoque le Brexit ....


La vie devant ses yeux - Laura Kasischke

 C'est une histoire assez alambiquée que l'auteure déroule; l'héroïne Diana semble mener une vie qui incarne le rêve américain, un beau quartier, un mari professeur de philosophie, une jolie petite fille , elle-même professeur de dessin à mi-temps.... et pourtant le passé et particulièrement un évènement traumatisant vient la hanter...et hante la lectrice...

Déconcertant, ce roman est écrit dans un style très poétique, une écriture subtile qui le rend attachant.  Pas vraiment un coup de coeur, mais il a éveillé ma curiosité et donné envie de découvrir d'autres oeuvres de cette auteur.  A voir lors de ma prochaine visite à la médiathèque. 

 

Jeu blanc - Richard Wagamese 

Trouvé dans les "Coups de coeur " de la bibliothécaire à la Médiathèque, c'est un récit poignant, lyrique, à la fois tendre et cruel: un roman bouleversant. Il retrace l'enfance de Saul, indien Ojibwé du Nord du Canada.  Sa toute petite enfance est rythmée par les légendes de son peuple que lui transmet sa grand-mère. A la mort de celle-ci et suite à la disparition de ses parents il est enlevé par les blancs et intègre une institution religieuse où les blancs feront tout pour effacer son "indianité".  Saul trouvera son salut grâce au hockey sur glace : le jeu blanc ! Talentueux il s'entraîne avec acharnement et rejoindra l'élite nationale mais finira par renoncer en raison du racisme qui règne au Canada dans les années 60.  Pour celles et ceux qui aiment le hockey sur glace ce roman contient des descriptions détaillées qui passionneront ces amateurs ! 

J'ai beaucoup aimé ce roman qui m'a tellement rappelé, notamment par les légendes qu'il évoque et par son style, mes lectures lorsque je travaillais au Canada à "l'Institut d'Histoire de l'Ouest " (Archives des Pères Oblats à Edmonton) 


Hamnet - Maggie O'Farrel

C'est un coup de coeur de ma libraire et je lui donne raison!

Maggie O'Farrel imagine de manière remarquable l'histoire de la famille de William Shakespeare (sans jamais le nommer) et le décès de son fils à l'âge de 11 ans. Dans ce roman l'auteure laisse la parole à Agnès, la mère d'Hamnet et nous offre un magnifique portrait de femme.  On ne connait  Shakespeare que par le regard qu'elle porte sur lui.  Le contexte historique est passionnant: Maggie O'Farrel décrit très bien les moeurs, la condition des femmes et les mentalités de l'époque élisabethaine.   Son écriture est magnifique et précise pour décrire les ambiances, les émotions et la psychologie des personnages.  Elle aborde avec beaucoup de force les thèmes de l'amour, le chagrin à la perte d'un enfant.

Un gros coup de coeur.  L'auteure réalise le coup de force de rendre son récit universel alors que l'intrigue se situe à la fin du 16°siècle dans la campagne anglaise.


Impact - Olivier Norek

Auteur connu de polars Olivier Norek nous offre là un roman avec, certes, des aspects policiers mais surtout un texte engagé et angoissant. 

Par le biais de son héros, Virgil Solal, l'auteur nous met face à nos responsabilités d'habitants d'une planète, la terre, que nous maltraitons pour toujours plus de profit. D'un polar bien enlevé, Olivier Norek, très bien documenté et qui cite ses références en fin d'ouvrage, fait un véritable plaidoyer pour l'écologie: impressionnant ! 


 

 

 

samedi 31 juillet 2021

Lus en Juillet

 J'ai perdu l'habitude de relater mes lectures et pourtant je continue à lire chaque jour, c'est mon occupation favorite à l'heure de la sieste à l'ombre du mûrier-platane et le soir, avant de m'endormir. Alors pour ne plus "procrastiner" j'ai décidé d'imiter la blog-amie Valérie de Haute Savoie et faire un compte rendu mensuel.

 



Les Terres Promises - Jean-Michel GUENASSIA 

 La quatrième de couverture annonce:" De la décolonisation à l'effondrement du bloc communiste, des mirages de la société de consommation aux tentations mystiques, de Paris à Saint-Pétesbourg en passant par Tel-Aviv et Alger Jean-Michel Guenassia retrace, avec la puissance et la force qui ont fait l'immense succès du Club des Incorrigibles Optimistes, l'épopée intime d'une génération, le récit magistral de nos illusions. "

Je n'ai pas eu le même coup de coeur que pour le Club des incorrigibles optimistes qui m'avait emballée. Même si la plume reste alerte j'ai trouvé ce roman un peu long et comme un trop plein de circonstances déroutantes...  Et la fin m'a vraiment déconcertée. Je n'en dis pas plus car je ne veux pas dévoiler l'histoire.

  

Billy Wilder et moi - Jonathan COE

L'auteur "raconte avec tendresse, humour et nostalgie les dernières années de carrière d'une icône et nous offre une histoire irrésistible sur le temps qui passe, la célébrité, la famille et le poids du passé" 

La narratrice est Callista, une quinquagénaire d'origine grecque  dont les deux filles quittent le nid et qui voit se réduire le succès de ses musiques de films.  Avec nostalgie mais aussi beaucoup d'humour elle se souvient de sa rencontre fortuite avec le réalisateur qui l'embauche comme assistante interprète sur le tournage de "Fedora" en Grèce et en Allemagne. Et l'aventure commence...

C'est à la fois léger, drôle avec une part dramatique notamment quand, échaudé par un jeune homme qui doute de l'ampleur de l'holocauste Billy Wilder raconte, sous forme de scénario, ses heures à visionner en Angleterre toutes les images insoutenables des camps de concentration à la fin de la guerre, à la recherche de sa mère déportée et disparue.  Cet épisode est magnifique. 

 J'adore Jonathan Coe, son humour et son élégance  et ce roman ne m'a pas déçue : un régal !

Le serpent majuscule - Pierre LEMAITRE  

Noté favorablement par l'amie Valérie dans son billet de Juin, je confirme que ce roman noir est plein d'humour. C'est enlevé, abracadabrantesque, amusant.  L'auteur dit offrir à ses lecteurs ce premier roman jusque là inédit pour clore le cycle de ses romans noirs.  Dommage car je les aimais bien ses polars et j'attendais leur parution avec impatience...

 

L'inconnu de la poste - Florence AUBENAS

De cette auteure j'avais beaucoup  aimé "Le Quai de Ouistreham", plongée au coeur de la crise et des petits boulots précaires et mal payés.

Avec L'inconnu de la poste la journaliste nous entraîne dans la réalité d'un fait divers qui s'est déroulé le 19 Décembre 2008 dans un village montagnard .

Extrait de la 4ème de couverture: "Le village  c'est Montréal-la-Cluse. La victime c'est Catherine Burgod, tuée de Vingt-huit coups de couteau dans le bureau de poste où elle travaillait. Ce livre est donc l'histoire d'un crime. Il a fallu sept ans à Florence Aubenas pour en reconstituer tous les épisodes- tous, sauf un. Le résultat est saisissant. Au-delà du fait divers et de l'enquête policière, L'inconnu de la poste est le portrait d'une France que l'on aurait tort de dire ordinaire. Car si le hasard semble gouverner la vie des protagonistes de ce récit, Florence Aubenas offre à chacun d'entre eux la dignité d'un destin."

 Florence Aubenas suit l'enquête laborieuse qui prendra des années et ce fait divers serait presque banal sans la personnalité de son principal suspect, Gérald Thomassin, acteur, César du meilleur espoir en 1991 pour son rôle dans Le petit criminel de Jacques DOILLON. Malgré son succès et d'assez nombreux autres films, il avait rapidement sombré dans une vie de marginal et se trouvait là au mauvais moment.  Il disparaîtra mystérieusement en 2019 alors qu'il devait se présenter au tribunal à Lyon et bénéficier enfin d'un non-lieu. 

La journaliste  a mené une enquête minutieuse, sans jamais prendre parti.  Et avec son talent habituel et son empathie, elle nous fait découvrir une partie de la France rurale, montagnarde, frappée par la désertification, les fermetures d'usines, la disparition des services publics. Elle décrit magnifiquement les lieux, l'ambiance,  les personnages et son récit est passionnant.

 

Au Nord du monde - Marcel THEROUX  

Roman d'aventure post-apocalyptique  ce "Western du Grand Nord" sibérien est surprenant, dépaysant, captivant. 

Le personnage principal est une femme "Makepeace", au caractère bien trempé, seule survivante de sa ville. En effet, sa ville, Evangeline, s'est vidée, comme toutes les autres, poussant les populations à fuir un anéantissement dont on ne sait pas grand chose: sans doute un mélange de catastrophe climatique et industrielle.  Makepeace se présente comme le "Shériff" de cette ville. Le passage d'un avion la pousse à partir à la recherche d'autres rescapés .  Sa route sera longue et pleine d'embûches.  Makepeace fait preuve d'une grande volonté et de loyauté; elle est très attachante.

Malgré le thème assez déconcertant c'est facile à lire car le style est très fluide. Et surtout les rebondissements se succèdent et ont tenu la lectrice que je suis en haleine, me donnant envie à chaque fin de chapitre de passer au suivant.  Là encore je ne veux pas révéler l'histoire: il faut le lire !


 

samedi 17 juillet 2021

"LES OMBRES ET LES LUMIERES"

Dans le billet" Le Village des Secrets" j'avais évoqué tout le bien que je pensais du premier roman de l'amie blogueuse Samantdi-Sylvie Lassalle.  En Juin est paru  son deuxième roman que j'ai aussi beaucoup aimé. 

Nous retrouvons avec plaisir Jules et Anna, les principaux héros  du Village des Secrets mais aussi d'autres personnages déjà connus et bien entendu des nouveaux...  Mais pas de souci, même si vous n'avez pas lu le premier, vous pourrez rentrer sans problème dans l'histoire car elle est très bien introduite.  




Jules et Anna quittent Toulon pour rejoindre une petite ville thermale de Gascogne et y gérer le Cinéma des Thermes.  Ils partent avec leur amie Jeanne  et sa fille Amandine. Et c'est une histoire passionnante, au temps des "Années Folles" que Sylvie mène avec talent: s'y côtoient les débuts du cinéma, le développement des cures thermales et le monde environnant d'un gros bourg avec ses commerces: boucher, photographe .... et tout cela sur fond d'après la grande guerre et ses blessures et rancoeurs anti-boches non guéries...

Tout au long du roman, écrit dans un style riche et fluide à la fois,  tous les personnages sont bien décrits et on s'attache à eux, même si parfois on peut en détester certains  et ils inter-agissent de manière très intéressante. Le conflit entre Jules, le héros principal et son adversaire Léopold, le boucher,  qui le considère comme un intrus lui ayant volé la place de Directeur du  cinéma qu'il convoitait est parfaitement mené. Mais Jules réussit à créer autour de lui un cercle d'amateurs de cinéma qui se lient d'amitié et surtout le soutiendront.

L'histoire du cinéma à ses débuts, et notamment du cinéma itinérant,  est très bien documentée.  Un bon point notamment à l'auteure pour la petite visite à La Ciotat qui s'enorgueillit (à juste titre : cela vient d'être reconnu par le Guinness Book... rien que cela ! ) d'être la plus vieille salle de cinéma au monde encore en activité.


 J'ai apprécié la place que prend Anna qui s'installe avec succès dans la profession de photographe et surtout celle d'Amandine qui est un peu le fil rouge de cette histoire.  Cette petite fille espiègle, pleine de vie, pétillante est très attachante.  Je soupçonne Sylvie d'avoir mis une part d'elle-même et de ses souvenirs d'enfance dans cette jeune personne.  Et je n'oublie pas que l'auteure est professeur de Français au collège, très attachée à ses élèves qu'elle connaît bien! Cela transparaît dans tous ses écrits et particulièrement dans ce roman.

 Chaque chapitre est une histoire en soi qui s'articule parfaitement avec les autres et peu à peu apparaissent les mystères qui vont pimenter l'intrigue et faire émerger l'enquête policière ....  Mais je ne vais pas dévoiler l'histoire : allez chez votre libraire ou dans votre médiathèque et si vous ne trouvez pas cet excellent roman: commandez le ! 

Oserais-je ajouter que j'ai eu la grande joie de faire partie des "bêta-lectrices"  (d'aucuns diront que ce n'est pas bien de se vanter )😄😏, et cela a été pour moi une expérience passionnante. Je remercie Sylvie de m'avoir sollicitée.  

Cela m'a valu de recevoir l'ouvrage dédicacé par l'auteure et en plus j'ai un exemplaire "collector" car la première édition (dont la presque totalité est allée au pilon) avait une erreur de pagination (les remerciements sont avant la dernière page du roman). Seuls sont restés "en circulation" les exemplaires reçus par Sylvie elle-même pour son usage personnel. 



Et puis j'ai lu sur le blog de Sylvie, où elle nous fait partager son activité créatrice, qu'Amandine serait l'héroïne de son prochain roman et cela me ravit déjà !

samedi 10 avril 2021

Un roman glaçant

Delphine de Vigan est une auteure qui ne m'a jamais déçue.  Elle a l'art de s'emparer de sujets de société  avec un regard perspicace tout en restant objective .  Alors quand j'ai su qu'elle publiait son dernier roman je me suis précipitée chez ma libraire sans attendre une éventuelle disponibilité à la médiathèque .  Et franchement cela valait le coup. 

 " A travers l'histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois, explore les dérives d'une époque où l'on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s'expose et se vend, jusqu'au bonheur familial." (Quatrième de couverture)

Mélanie a toujours été fascinée par la télé-réalité, mais elle n'a pu en devenir une vedette ; trop timide, trop réservée peut-être.  Après la naissance de ses enfants elle commence à poster des vidéos de sa famille sur You Tube ; puis elle développe une chaîne familiale « Happy récré » qui connaît un grand succès. Chaque jour elle met en scène et filme ses enfants qui sont « influenceurs » pour de nombreuses marques. C'est un système très lucratif ; son mari quitte son emploi pour l'assister dans la gestion de ce « business » qui leur permet de faire fortune.  Ce qui était une addiction devient une activité très lucrative .
Quand sa fille Kimmy disparaît mystérieusement Mélanie va rencontrer Clara qui travaille à la brigade criminelle comme « procédurière ». L'auteure nous fait découvrir la personnalité et le passé des deux femmes que tout oppose.
Avec son merveilleux talent Delphine de Vigan dresse un excellent portrait de ces deux femmes et nous fait suivre l'enquête policière. Clara découvre (et nous aussi) « un monde dont l'existence nous échappe ».  « Il faut le voir pour le croire » dit Clara en parlant des vidéos des enfants : «  La consommation est au coeur de la plupart des scénarios. Acheter, déballer, manger, sont les principales activités des enfants… Toutes ces vidéos obéissent au même ressort dramaturgique : la satisfaction immédiate du désir. Kimmy et Sammy vivent le rêve de tous les enfants: acheter tout, tout de suite ».
Ce roman est très bien construit. Il se lit facilement. Il est fascinant: ce qu'il décrit de notre monde est bouleversant, effarant. 

 

Et pendant ce temps là au jardin est né un brin de muguet que l'on dit porte bonheur....


j'ose y croire et souhaite pour tous des jours meilleurs !  Les beaux jours qui donnaient un avant goût d'été sont passés et revoilà la froidure.  Aujourd'hui les nuages nous font espérer un peu de pluie, la terre en a vraiment besoin.

Et parmi les bonnes nouvelles : j'ai eu rendez vous par téléconsultation (Covid oblige) avec mon oncologue qui a trouvé mon bilan sanguin satisfaisant et donné son feu vert pour retirer le Porte à Cath: un rendez vous devrait m'être proposé prochainement.  Ce n'est pas grand chose, ce petit corps étranger ne me gêne pas du tout, mais symboliquement c'est important, signe qu'une page est tournée...


 

 

dimanche 7 mars 2021

Partis trop tôt

Deux hommes encore jeunes et de grand talent  nous ont été enlevés par ce terrible crabe, à quelques jours d'intervalle à la fin du mois de Février; et j'en suis encore toute bouleversée . 

Le premier est Joseph Ponthus que j'avais découvert en 2019 grâce à La Grande Librairie où son entretien avec François Busnel m'avait vraiment impressionnée

 

J'avais dévoré son "roman" et écrit un petit billet ici même A la ligne - Joseph Ponthus .

J'attendais avec impatience sa prochaine oeuvre ... hélas, un cancer fulgurant nous en a privés.  

Trop triste de ce départ. 


Dans le même temps j'ai appris le décès de Maître Mô , un avocat blogueur de grand talent et d'une immense humanité .





Jean Yves Moyart , Maître Mô , exerçait au barreau de Lille.  Son blog est le reflet de son talent et de son humanité. Des billets à vous tirer des larmes aussi bien que des rires . Je pense avec tristesse à son épouse et ses jeunes enfants dont il parlait avec tant de tendresse et d'humour. Oui, vraiment un personnage très attachant, d'une grande humanité qui mérite admiration et respect.

J'avais découvert son blog grâce à Maître Eolas .  

A l'origine je crois que c'est Olivier qui, sachant mon intérêt pour les questions juridiques,  m'avait conseillé le blog de Maître Eolas "Journal d'un avocat" et de fil en aiguille ou d'un billet à l'autre et d'un commentaire à l'autre j'ai découvert d'autres blogs qui m'ont passionnée, certaines et certains ont plus ou moins disparu de la blogosphère absorbés par Twitter ou autres réseaux ... Pour ma part je n'ai pas réussi à "gazouiller" régulièrement : je n'accroche pas à twitter ! Je dois manquer de rapidité d'esprit et préfère la réflexion et les analyses plus complètes des blogs. J'ai découvert  dans la blogosphère de belles personnes que j'espère toujours rencontrer dans la vraie vie !

lundi 22 février 2021

Le livre "hérisson"

Etant une habituée de la médiathèque j'ai toujours évité de corner les pages des livres et de  crayonner commentaires et marques ... Pourtant quand des passages me plaisent particulièrement, m'émeuvent, quand je sais que j'aurai envie de les relire, d'y revenir, je marque les pages avec des petits post-it . Ce qui a bien surpris une de mes amies qui a qualifié le livre ainsi orné  de "livre hérisson" ! 

Ainsi en a -t- il été de Betty  de  Tiffany McDaniel : un vrai coup de coeur !

 




 Betty est née dans une famille pauvre et métissée.  Son père est un indien cherokee, sa mère la fille de petits paysans blancs.  La famille compte huit enfants dont 2 sont décédés très tôt.  Il se déplacent d'Etat en Etat, de petit boulot en petit boulot et vont finalement s'installer dans le sud de l'Ohio, région natale de la mère.  Ils prennent possession d'une maison abandonnée (et maudite pour les gens du village) et vont peu à peu la retaper. 

La famille vit un peu à l'écart, les contacts les plus fréquents étant les clients du père dont les qualités d'herboriste sont appréciées, ce qui leur permet de survivre.  Il vivent près de la nature, la tête dans les nuages et les étoiles... Le père aime raconter et même inventer des légendes indiennes. 

Ce qui m'a vraiment touchée c'est le contraste entre le style doux, poétique, presque envoûtant qui, combiné avec les histoires du père, invite à la rêverie et le fond de l'histoire assez violent;  la famille subit des discriminations, particulièrement Betty si typée, avec sa peau brune et ses cheveux noirs. "La Petite Indienne" comme l'appelle son père est celle qui raconte tous les drames vécus et aussi les bonheurs !

Un vrai coup de coeur que j'ai dégusté lentement et les nombreux post-it utilisés pour une relecture plaisir sont un signe qui ne trompe pas ! 


A part cela quelques nouvelles : nous allons bien tous les deux et avons enfin obtenu un rendez-vous pour le vaccin : Jeudi prochain.  Nous verrons notre médecin Mardi visite préalable conseillée pour les personnes ayant déjà contracté le virus. Il devrait confirmer qu'une seule injection nous est nécessaire.

mercredi 27 mai 2020

Lectures récentes: merci Cathy !

La médiathèque étant fermée, c'est Cathy qui m'a approvisionnée en livres.  Et son choix a été plus que satisfaisant. 

L'art de perdre - Alice Zéniter
"Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zéniter raconte le destin entre la France et l'Algérie, des générations successives d'une famille prisonnière d'un passé tenace.  Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d'être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales"
Cette saga familiale débute dans l'Algérie des années 30 et se poursuit par la période trouble de la guerre d'Algérie et du rapatriement en France des "harkis" rejetés par la nouvelle Algérie et peu acceptés en France; et il y tous les silences et les non-dits d'une génération à l'autre.... 
C'est un très beau roman servi par une plume élégante qui peut-être parfois musicale, parfois brutale. 
J'ai beaucoup aimé. Prix Goncourt des Lycéens 2017; cela confirme que les lycéens font de très bons choix.

Journal d'un vampire en pyjama - Mathias Malzieu
Je connaissais le chanteur de Rock du groupe Dionysos mais ne savais pas qu'il écrivait aussi nouvelles et romans. 
Ici, il s'agit plutôt d'un récit autobiographique concernant la maladie qui l'a profondément touché et qui a quelque peu bouleversé sa vie: aplasie médulaire idiopathique, une sale maladie de la moelle osseuse : les globules rouges et blancs déconnent et "Dame Oclès " (la mort) rôde. 
Mathias Malzieu a le don de nous faire passer du rire aux larmes en quelques phrases.    Il raconte avec humour ses hospitalisations, ses longs séjours en chambre stérile, sa maladie son vécu. C'est également une belle réflexion sur la greffe de moelle osseuse . 
Son style est léger;  il s'approprie les termes médicaux et crée un langage imagé "les nymphirmières sont venues prêter main forte avec leurs yeux et leurs voix de sirènes."
J'ai bien aimé cette ode à la vie et à l'amour; j'ai apprécié son humour, sa pratique de l'autodérision, sa rage de vivre ainsi que son écriture poétique.

 Le ruban - Agawa Ito
 

Roman japonais, original, lumineux et apaisant.
Sumire est passionnée par les oiseaux.  Quand elle trouve 3 oeufs tombés d'un nid, elle les met à couver dans son chignon. Un seul va éclore: une belle perruche callopsitte.  Elle offre l'oisillon à sa petite fille Hibari en lui expliquant qu'il est le ruban les reliant à jamais. 
Mais un jour l'oiseau s'enfuit, apportant joie et réconfort partout où il passe.
C'est un ouvrage doux, poétique : une belle découverte. Et en plus la couverture est superbe !

Total Keops - Chourmo - Solea - de Jean - Claude Izzo 
Alors là c'est un tout autre registre...
Dans cette excellente trilogie J.C. Izzo met en scène Fabio Montale, d'abord policier, puis démissionnaire, en prise avec le "milieu" et la corruption qui gangrène la police...
C'est Marseille comme si vous y étiez : immigration, quartiers Nord, bouillabaisse, favouilles, "pastaga" mafia, corruption, crimes, sont au programme. 
Les intrigues nous tiennent en haleine du début à la fin.  
Les personnages sont bien typés et attachants.; et petit bonus musical: une longue liste de morceaux tout à fait passionnante émaille ces 3 excellents romans.  

La médiathèque n'est pas encore réouverte, mais on nous annonce un système de commande avec rendez-vous "drive piéton" pour le retrait, en principe la semaine prochaine...
Heureusement Cathy a encore puisé dans sa bibliothèque pour me régaler; et elle est allée dès sa réouverture chez notre libraire et m'a rapporté la Correspondance d'Albert Camus et Maria Casarès que je déguste à  petites doses...



 

mercredi 8 avril 2020

Heureusement il y a les livres !




Oui heureusement, avant le confinement j'avais fait une bonne provision de livres et m'étais procuré dans ma librairie le dernier Pennac.  Cette pile est terminée mais j'ai encore quelques ressources de livres laissés de côté pour une raison ou une autre ou de livres aimés et à relire ! Et puis j'ai aussi la liseuse offerte par Olivier; elle ne me sert habituellement qu'en voyage: je préfère le papier.  Mais là  c'est un voyage rêvé .... Alors pourquoi pas?  
J'ai téléchargé sur ma liseuse "Toutes les histoires d'amour du monde " de Baptiste Beaulieu , dont Gilsoub a parlé avec enthousiasme . Je viens juste de commencer, donc à suivre ....

lectures finies:
- La loi du rêveur de Daniel PENNAC
Ce roman nous ballade entre fiction, imagination, souvenir et réalité .  Il retrace l'enfance et la vie de l'auteur en lien avec son admiration pour Fellini et aux rêves les plus extravagants qu'il peut faire. 
On se ballade vraiment entre rêve et réalité et c'est un plaisir de se perdre dans l'imagination et la malice de l'auteur. Ce livre est un vrai délice .

- Les égouts de Los Angeles de Michael Connely
Premier roman mettant  en scène le personnage de Harry Bosch.  L'inspecteur est affecté au commissariat de West Hollywood et découvre dans un égout le cadavre d'un de ses anciens compagnons de guerre.  La victime était un "rat de tunnel", unité militaire américaine pendant la guerre du Vietnam.  Bosch est amené à enquêter sur de mystérieuses attaques de banques tout en essayant de protéger un jeune témoin.
Bosch est un personnage peu respectueux des règles, teigneux qui ne lâche rien. 
Après un début un peu lent, l'enquête est rondement menée avec des rebondissements et des personnages prenants.
Un très bon polar .  Je pense que lorsque la médiathèque rouvrira j'en prendrai d'autres de cette série. 

- ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard
 ça raconte une histoire d'amour, une passion, un drame.
Le roman est en deux parties, la première décrit le coup de foudre entre la narratrice et Sarah: une partie pleine d'élan et de beaux sentiments: Sarah est vivante, impulsive. Le style est superbe, chapitres courts et percutants.
La deuxième partie est radicalement différente et nous plonge dans le drame. 
Déroutant et original ce texte nous happe et nous transporte. Une belle lecture; un premier roman marquant. 

- Les loyautés de Delphine de Vigan
Un roman dificile sur la maltraitance physique et psychologique. 
Théo, Mathis,Hélène, Cécile : quatre personnages qui se débattent dans la vie avec plus ou moins de rage, de courage, de foi et de crainte . 
Dans ce roman choral Delphine de Vigan, avec sa délicatesse habituelle, donne la parole à ces quatre personnages. On suit ainsi le parcours d'Hélène à l'enfance douloureuse, de Théo que le divorce de ses parents ébranle, de Mathis son ami fidèle et de Cécile sa mère dont le mariage est ébranlé. 
Avec sa très belle écriture l'auteur décrit des situations que beaucoup de personnes vivent quotidiennement sans que l'entourage ne s'en rende compte.  

- Home sweet home d'Antoine Philias et Alice Zéniter
La crise des subprimes de 2008 frappe de plein fouet la ville de Cleveland. Anna fuit sa famille en faillite et ses parents défaillants en entraînant avec elle ses frères jumeaux. Rejoints par d'autres jeunes laissés à eux-mêmes ou fugueurs ils s'installent dans le lycée de la ville abandonné. 
Et tous ensemble ils se réinventent un avenir.  Ils sont bien décidés à ne pas reproduire les erreurs de leurs parents aveuglés par le "rêve américain" et prisonniers des banques et de leurs promesses. 
Il en ressort une leçon d'humanité, avec ses disputes, ses désaccords mais surtout l'envie de construire ensemble un monde meilleur. 
Malgré quelques longueurs c'est une bonne lecture: une belle réflexion sur le devenir de la société contemporaine et son capitalisme débridé.

- L'invention  de nos vies de Karine Tuil 
Après la lecture des "choses humaines", roman qui m'avait vraiment emballée, j'ai eu envie de lire un autre roman de cette auteur et j'ai trouvé à la médiathèque " L'invention de nos vies" un beau pavé , un roman magistral qui se dévore avec avidité .
Ce roman renvoie à de nombreuses questions identitaires.  Karine Tuil analyse avec beaucoup de justesse l'engrenage du mensonge et ses conséquences. Elle utilise avec talent les données de la société actuelle : discrimination à l'embauche, racisme, communautarisme, terrorisme. 
Le style est fluide malgré parfois des phrases très longues et l'utilisation des slash entre plusieurs mots qui nous donnent le choix de la définition que l'on souhaite. 
Encore une belle lecture ! 








dimanche 1 mars 2020

J'ai lu récemment

Quelques impressions sur mes lectures des dernières semaines:

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon - Jean Paul Dubois 
Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre, fanatique de Harley Davidson, une passion qu'il partage avec… le directeur de la prison ! Une vie pas comme les autres, un mystère distillé goutte à goutte car on ignore jusqu'aux toutes dernières pages quel méfait a pu conduire Paul au pénitencier.
L'écriture est séduisante, Jean Paul Dubois mêle avec aisance poésie, humour et vulgarité , il n'empêche que je n'ai pas été emballée et me suis parfois un peu ennuyée.
Les retours en arrière sur les souvenirs d'enfance et l'histoire du père, pasteur danois finissent par lasser et nous font perdre le fil de l'histoire beaucoup plus intéressante des deux codétenus.
La construction du roman est attendue, chaque chapitre débute sur le passé de Paul pour finir sur le moment présent à la prison, pas de surprise, chaque chapitre est construit de la même façon. On a d'abord droit à la jeunesse du père, sa rencontre avec la mère, l'enfant en commun, le métier de pasteur, la séparation… Puis on arrive (enfin !) à Paul, son parcours, sa femme, sa chienne…
Et puis je trouve vraiment dommage que dans une histoire qui se passe au Québec personne ne parle québécois; aucune touche de couleur locale; le compagnon de cellule pourtant original et bien campé, parle comme un parisien …. Vraiment dommage.
Pour moi, ce Goncourt n'est pas vraiment mérité et je pense que les lycéens ont fait un bien meilleur choix en élisant de Karine Tuil «Les choses humaines»
 
Une joie féroce  - Sorj Chalandon   
L'auteur porte un regard empreint de pudeur et de réalisme sur le combat de 4 femmes contre le cancer et se glisse avec beaucoup de talent dans la peau de ces femmes. Mais le propos ne se focalise pas sur la maladie et ses traitements. C'est un bel hommage à l'amitié, au courage, à la solidarité à travers des personnages très attachants et une folle équipée menée par ces 4 femmes.  Assez invraisemblable mais si joyeux : férocement joyeux! 

Pandemia de Franck Tilliez
Le 36 quai des orfèvres et l'institut Pasteur  se trouvent face à des exterminateurs de l'humanité qui veulent répandre des virus. L'histoire est bien menée et très documentée.  On retrouve Sharko et sa compagne Lucie Hennebelle, et leurs collègues: des personnages très attachants. Le style de Franck Tilliez est toujours aussi fluide et sobre. C'est prenant et très bien ficelé.

Miroir de nos peines de Pierre Lemaître
Troisième tome de la trilogie après "Au revoir là-haut" et "Couleurs de l'incendie" est comme ces précédents un excellent moment de lecture. La toile de fond est la drôle de guerre 1940, l'exode .On retrouve Louise, la petite fille qui s'était liée d'amitié avec Edouard Péricourd dans Au revoir là-haut
et des personnages formidables d'humanité.
Pierre Lemaître est un grand narrateur: il décrit avec talent cette période trouble de notre histoire où se côtoient des héros et des salauds.  Il a l'art de faire vivre des personnages aussi vrais que nature
Le récit est fluide, vivant passionnant, rythme soutenu... On n'a pas le temps de s'ennuyer tant surviennent surprises et rebondissements . 

Soif - Amèlie Nothomb 
L'auteure se glisse dans la peau et surtout les pensées du Christ lors de ses dernières heures, en lui rendant son humanité.
C'est sensible, drôle, original, se lit facilement et ne manque pas d'intérêt.  Il fallait oser et c'est réussi, terriblement humain avec une bonne dose d'humour jamais blasphématoire et une belle rélexion sur la mort et aussi ce que veut dire "avoir un corps".
Je ne suis pas une admiratrice inconditionnelle d'Amélie Nothomb mais là, très franchement j'ai bien aimé.


Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla - Jean Christophe Rufin
Le narrateur est le gendre d'Edgar et Ludmilla.  Il nous conte l'histoire bien étrange de ses beaux parents qui se sont mariés 7 fois.  Tout commence en 1958 par un coup de foudre dans un village perdu de l'Ukraine.
Comme toujours avec J.Ch. Rufin le style est agréable, savoureux et riche. Il réussit à nous emporter dans le tourbillon de cet amour tumultueux.  Un récit en forme de conte qui nous fait traverser la seconde moitié du XX° siècle tout en suivant les amours rocambolesques de deux personnages très attachants.
Et en fin de roman, l'auteur avoue s'être marié 4 fois dont 3 avec la même femme et cette petite touche autobiographique est assez plaisante.



Les choses humaines - Karine Tuil 
"Les Farel  forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes.  Ensemble ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir.  Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale."
L'auteure expose avec objectivité les faits ; elle réussit à transformer un fait de société en un roman de réflexion  passionnant. Toute la partie du procès m'a remuée  comme si j'étais un juré.
Le style est un régal; très travaillé et pouvant varier du brut au poétique et toujours assez grave.
Bref je félicite les lycéens du Goncourt pour leur choix; je pense que c'est bien que les jeunes lisent et apprécient ce roman qui montre les dangers des réseaux sociaux et de l'exposition médiatique.


et pendant ce temps le printemps arrive un peu trop tôt 






L'épidémie de coronavirus me conforte dans l'attitude prudente de refuser bises et poignées de main que j'ai adoptée dès le début des épidémies de grippe. La chimio que je subis affaiblit mon organisme, alors prudence ....

Et notre 1er ministre brandit le 49-3 un beau samedi après-midi en pleine confusion .... Et j'enrage, même si l'obstruction manifeste par l'opposition proposant  des milliers d'amendements  m'a faite aussi enrager car c'était bien prendre le bâton pour se faire battre...
Notre démocratie est bien mal en point.

 


mardi 4 février 2020

Une très belle lecture

Il y a longtemps que je n'ai pas évoqué mes lectures; un de ces jours je dirai mes coups de coeur et mes déceptions dans mes lectures des dernières semaines ou mois.   Mais aujourd'hui je viens de terminer "Les gratitudes " de Delphine de Vigan et c'est un vrai coup de coeur, comme toujours avec cette auteure


 C'est l'histoire de Michka qui rentre en maison de retraite en raison de son affaiblissement et de sa perte d'autonomie.
De plus elle souffre d'aphasie qui l'empêche de trouver ses mots qu'elle remplace par d'autres à la consonance presque équivalente ; ainsi merci devient  merdi et d'accord, d'abord etc....Il en résulte des conversations assez amusantes qui donnent un certaine légèreté au récit.
C'est Marie, une jeune voisine dont Michka, s'est occupée quand elle était enfant, un peu délaissée par sa mère,  qui la fait entrer dans une Ehpad où elle rencontrera son orthophoniste, Jérôme.
Le récit alterne donc avec la visite de ces deux personnes. 
Delphine de Vigan dont l'écriture est toujours fluide et délicate nous plonge dans les profondeurs de la gratitude. C'est bien écrit et ce livre fait réfléchir sur la fin de vie, avec parfois un peu d'humour, mais surtout beaucoup de tendresse.
MERCI à Delphine de Vigan qui confirme son grand talent pour "explorer les lois intimes qui nous gouvernent" (mot de son éditeur). 

A part cela quelques nouvelles : nous allons bien tous les deux et poursuivons piano piano notre petit bonhomme de chemin, à notre rythme pas très rapide.
Nous bénéficions en ce début Février d'un temps printanier précoce : le jardin se pare des couleurs du printemps !





samedi 30 novembre 2019

Enquêtes et contre-enquêtes

Lorsque je vais à la médiathèque, il m'arrive assez souvent de ne pas trouver les livres que je souhaite, soit parce qu'ils sont déjà sortis et là, il faut réserver, soit parce qu'ils ne sont pas au catalogue.  Dans ce cas je me rabats sur le casier "coups de coeur de la bibliothécaire" et j'ai rarement été déçue. 
C'est ainsi que j'ai découvert La Serpe de Philippe JAENADA 


 La serpe est l'outil qui a servi en Octobre 1941 à tuer trois personnes dans un château de Dordogne. 
Le seul rescapé fut le coupable idéal: défendu par Maurice Garçon il fut acquitté suite à un procès retentissant. 
L'auteur s'est rendu sur les lieux mêmes de la tragédie afin de relire les minutes du procès, éplucher les témoignages et essayer d'imaginer l'atmosphère de l'époque. 
Ce roman, c'est son enquête et c'est un pavé, car l'auteur va dans le détail, parfois même se répète mais surtout il rajoute des petites anecdotes notamment de sa propre vie; c'est drôle, cela égaye le récit qui pourrait être très noir.  
On découvre grâce à lui ce qui a échappé aux enquêteurs de l'époque, et aussi les incohérences de l'affaire, les mensonges des témoins, les négligences des policiers.
Ce prétendu meurtrier est devenu Georges Arnaud, auteur du "Salaire de la peur", formidable roman qui a donné le célèbre film de Clouzot. L'auteur nous apprend que Georges Arnaud, très sensible au malheur des autres sera de tous les combats sociaux et philosophiques de l'après guerre.  Bref, un jeune homme de 24 ans accusé d'avoir tué son père, sa tante et la bonne, acquitté, devient aventurier en Amérique du Sud puis romancier et intellectuel respecté à son retour en France. Une vie passionnante racontée par un écrivain de talent. C'est un régal.  Ce roman se lit comme un thriller.  Il m'a donné envie de découvrir les autres romans de Philippe Jaenada, dont notamment "La petite femelle" : l'histoire de Pauline Dubuisson accusée à l'âge de 24 ans du meurtre de son amant.  



 Dans ce roman passionnant Philippe Jaenada tente de cerner la personnalité complexe de cette jeune femme calculatrice et émancipée. Il cherche à la réhabiliter sans toutefois la décharger de toute culpabilité mais en démontrant combien l'enquête puis le procès de la Cour d'assise mais également les prises de position des médias ont été menés exclusivement à charge faisant de Pauline un portrait diabolique. 
Ses recherches lui ont permis de dresser les portraits des différents membres de la famille Dubuisson et notamment de son père dont l'influence sur son caractère a été déterminante.  Il décrit également avec moult détails la vie à Dunkerque sous l'occupation (et c'est passionnant).  Mais surtout l'auteur fait preuve de beaucoup de psychologie et porte un regard assez empathique sur Pauline.  A la femme cupide et volage que les médias ont décrite à l'époque, l'auteur préfère la femme libre, féministe avant l'heure. 
Et tout cela avec le style particulier de Jaenada, son humour, ses digressions sur sa vie privée.  L'auteur a un don certain pour rendre attrayant un tel fait divers ce qui m'a permis de lire facilement ce gros pavé de plus de 700 pages.  J'admire sincèrement l'énorme travail de l'auteur qui  a mené à fond une véritable enquête et qui sait si bien la raconter. 

Du coup j'ai été tentée de lire un précédent roman de cet auteur "Sulak" 

Philippe Jaenada écrit la biographie de Bruno Sulak, Arsène Lupin des années 80,  dit aussi "ennemi public n°1" par certains mais dont les exploits ont été un peu occultés par la destinée de Mesrine. 
A son actif un impressionnant tableau de casses de supermarchés et bijoutiers sans aucune violence. Et sous la plume de Jaenada cet "aventurier truand" est vraiment sympathique.  Il inspire même le respect du Commissaire Moréas. 
C'est une biographie bien ficelée et documentée. L'auteur fait revivre l'entourage de Sulak, sa famille à laquelle il est très attaché, ses amis, les femmes qu'il a aimées, principalement Thalie, et ses amis voyous. Il y a beaucoup de suspens dans la vie tourmentée de Sulak, le résultat  sous la plume de Jaenada est un excellent polar. 

Un auteur dont je vais suivre les prochaines parutions...

Quant à notre santé, disons que cela va assez bien, j'ai vu l'oncologue Jeudi dernier, il est satisfait de mes analyses et de mon état général, il a prescrit la suite du traitement au même dosage.  Je vais bien en effet, même si je fatigue vite...Mais heureusement je peux continuer mes activités qui m'aident beaucoup à maintenir la forme et le moral.
Robert va mieux, grâce aux massages de la kiné et à la balnéothérapie, mais lui aussi se fatigue vite....